Le Tahakoum dans le Divertissement

بسم الله الرحمـن الرحيم

~ Le Tahakoum dans le Divertissement ~

   

Louange à Allah et que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille, ses compagnons et quiconque suit sa guidée.

 

 

« Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : "Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer."Dis : "Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez ?" Ne vous excusez pas : vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. » (Sourate 9, versets 65- 66 traduction approximative)

 

Certaines personnes se retrouvent dans l’égarement, pour avoir pris ce sujet à la légère et pensent que notre position concernant le tahakoum dans le jeu est débile et extrême ; Nous allons inch’Allah vous apporter la preuve et les explications qui prouvent l’exactitude de nos propos.

 

Les règles ou conditions dans un jeu, comme par exemple : Le corner, le pénalty, etc… ne sont pas de la mécréance, et sur cela nous ne disons pas le contraire.

Il est évident que les conditions établies entre deux personnes ou deux parties doivent être respectées, comme le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) l’a fait avec certains mécréants.

 

Le problème de ces individus  concernant ce sujet, vient du fait qu’ils ne savent pas faire la différence entre une condition et une législation.

Des conditions peuvent être placées entre deux personnes et doivent être honorées, elles ne doivent pas contredire le Coran et la Sounna. Quant à  légiférer cela consiste à créer des lois, et à trancher avec, entre 2 parties.

 

« N’as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu’on a fait descendre vers toi [prophète] et à ce qu'on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Taghout, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l'égarement. » (Sourate 4, verset 60 traduction approximative)

 

Si nous en venons à leur poser cette question :

« En cas de litige entre deux personnes, peut-on prendre une tiers personne comme médiateur et lui demander de trancher entre elles comme elle le souhaite ? »

Ils répondront certainement par la négation.

Dans ce cas là, qu’ils sachent qu’il n’y a pas de différence entre un médiateur qui juge avec ses passions et un médiateur qui juge avec des sanctions inventées par lui-même pour départager !

 

Il faut comprendre que la mécréance ne provient pas des jeux en soit ni des règles ou conditions de ces derniers, mais la mécréance se trouve dans l’arbitrage des litiges avec des sanctions établies par l’homme. D’ailleurs le mot "arbitre" se traduit par hakim en arabe !

 

Nous allons vous citer un verset suivi de son tafsir pour comprendre et éclaircir ce sujet :

« Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement) ». (Sourate 4, verset 59 traduction approximative)

 

Tafsir de Ibn Kathir : « Le désaccord doit être déféré au livre d’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- et à la Sounna de son envoyé (salla Allahou ‘alayhi wa salam). Cela est donc un ordre d’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- qui recommande aux musulmans de déférer au Coran et à la Sounna leurs affaires religieuses ou autres litiges : ce que le Coran et la Sounna décideront alors s’avèrera vrai.

Et qu’est-ce qu’il y a au-delà du vrai, sinon l’égarement ?

Et c’est pourquoi il est dit : « si vous croyiez en Allah et au jour dernier. »

Cela donne la preuve que celui qui ne s’en remet pas au Coran et à la Sounna est un incroyant en Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- et au jour dernier.

La meilleure voie dans le traitement des désaccords est le livre d’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala-, ainsi que la Sounna du Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam). Cette voie est également la meilleure issue pour une bonne fin. »

 

Tafsir de Tabari : « Nous avons déjà expliqué ailleurs que le terme "ta’wil" est un "masdar "taf‘il " du verbe "ta’awwala" provenant de la racine "ala"(revenir à) employé pour dire qu’une affaire "retourne" (raja‘a) à un certain point. »

 

Tabari comprend ici "ta’wil" en tant que masdar substitué de la forme "ta’awwala" ; de ce point de vue  "ta’wil" signifie littéralement : le fait de revenir aux sources ; il s’agit alors, à la fois du fait de "revenir" dans ce monde vers Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- et l’Envoyé en portant l’affaire devant eux. Ce qui est la meilleure façon d’aboutir à une conclusion satisfaisant Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala-.

 

 

Toute personne qui prétend que l’arbitrage des litiges survenant lors d’un  jeu est exclu de ce verset, se doit de fournir sa preuve. En effet pour faire une exception dans une règle générale (le tahakoum concerne toutes nos affaires), il faut en établir la preuve législative.

 

Tout comme le fait qu’il n’y a pas d’excuse pour le shirk mise à part la contrainte comme le prouve le verset 106 de la sourate 16 (An-Nahl). Celui donc qui dit que l’ignorance ou la mauvaise interprétation est une excuse pour celui-ci (le shirk) il se doit de nous apporter sa preuve !

 

La demande de jugement étant une adoration, ceux qui revendiquent qu’on peut faire du tahakoum lors d’un jeu, sont dans l’obligation de fournir un texte clair sur cette dérogation.

 

Parmi les autres arguments que l’on peut citer aussi pour démontrer leur mauvaise compréhension sur ce sujet, c’est que sans aucun doute, il est interdit de faire du haram comme boire de l’alcool ou faire zina pour se divertir. Qu’en serait-il alors du shirk ?!

S’il nous est défendu de nous divertir en faisant du haram, le raisonnement nous prouve que pour le shirk, c’est encore pire !

 

 

Le tahakoum ila taghout est-il un simple pêché ou est-ce du shirk ?

 

Le tahakoum est une adoration comme la prosternation, dire que le tahakoum pour autre qu’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- peut être fait dans ce qui n’est pas sérieux, c’est comme dire qu’une prosternation pour autre qu’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- peut être faite dans ce qui n’est pas sérieux….

 

Pour défendre leur égarement sur ce sujet, ils affirment qu’un arbitre n’est là que pour faire respecter les règles du jeu ! Si on observe bien on verra que, effectivement l’arbitre fait respecter les règles du jeu mais il rend aussi un verdict.

Dans le football quand un joueur frappe un autre joueur, l’arbitre le sanctionne par un carton jaune ou rouge selon la gravité de son acte. Ces sanctions bien connues impliquent des suspensions de match voire des annulations de jeu définitives. Que ce soit pour jouer ou autre, les peines et les sanctions doivent être tirées du Coran et de la Sounna car cela fait partie du Droit d’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala-.

On ne doit en aucun cas juger selon nos propres règles car en faisant cela on s’approprie le droit de légiférer alors que cela n’est réservé qu’à Allah Seul.

C’est exactement comme celui qui se permet de décider qu’un voleur fera de la prison alors qu’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- a décrété que ce dernier doit avoir la main coupée.

 

Pour en revenir au sujet de l’arbitrage dans le jeu, dire qu’untel aura telle amande ou telle sanction pour avoir frappé un adversaire, c’est inventer une sanction que la Chari‘a n’ordonne pas.

 

« Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » (Sourate 42, verset 21 traduction approximative)

 

Il est impossible de ne pas se rendre compte qu’un arbitre n’est pas là exclusivement pour faire respecter les règles mais il établit bien un jugement lorsque l’une d’entre elle est enfreinte ! Pour ne pas s’apercevoir de cela il faudrait être sourd et aveugle.

 

Ce qui est effarant, c’est que ce groupe de personnes compare l’arbitrage à une situation où deux élèves demandent à leur professeur de mathématique de faire un calcul de leurs notes ! Ils cherchent à faire un qiyas (analogie) de ce genre avec l’arbitrage dans le jeu, alors qu’il n’y a aucune comparaison à faire entre rendre un jugement et donner un résultat de calcul.

 

Dans une situation telle que celle-ci où un élève demande un résultat, par exemple :

« Ahmed, ton résultat après calcul est de 18 sur 20, et toi Kader tu as 15 sur 20 »

Ces gens voudraient nous faire croire que c’est la même chose que le tahakoum !

Où voient-ils les lois établies ?!!!

Ne savent-ils donc pas faire la différence entre un jugement et un résultat mathématique ?!!!

 

 Tout être doué d’intelligence peut se permettre de donner un résultat de calcul. Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- ne nous l’interdit pas, mais NOTRE SEIGNEUR NOUS INTERDIT DE JUGER AVEC NOS PROPRES LOIS.

 

« Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants. » (Sourate 5, verset 44 traduction approximative)

 

Chercheraient-ils à vil prix à défendre leur mécréance en se basant sur des conclusions aussi mensongères !!!

 

Comme les talafis, ils trouvent n’importe quelles excuses, parfois même des plus ridicules pour protéger leur croyance…

 

Rappelons que celui qui a vraiment du ta‘dhim (vénération) pour Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- ne prendrai jamais ce sujet à la légère car dans la soumission, il n’y a pas de vacances ou de congés. On ne peut sortir de la soumission même pour jouer !

 

Le véritable serviteur sait très bien qu’il est sous le commandement d’Allah -Soubhanahou wa Ta‘ala- dans tous les moments de sa vie car tout est sous Son commandement. Rien n’en sort, il S’applique sur toute chose.

 

Le cheikh al-Islam Ibn Taymiya explique que le jugement d’Allah s’applique même sur le jeu des enfants :

 

و كل من حكم بين اثنين فهو قاض، سواء كان صاحب حرب أو متولى ديوان أو منتصبًا للا حتسب بالأمر بالمعورف و النهي عن المنكر، حتى الذي يحكم بين الصبيان في الخطوط فإن الصحابة كانوا يعدونه من الحكام. و لما كان الحكام مأمورين بالعدل و العلم و كان المفروض إنما هو بما يبلغه جهد الرجل قال النبي صلى الله عليه و سلم: " إذا اجتهد الحاكم فأصاب فله أجران، و إذا اجتهد فأخطأ فله أجر  ".

 

مجموع فتاوى, المجلد18 صفحة 170

 

Ibn Taymiya à dit : « Toute personne qui doit trancher entre deux parties prend la place de juge (Qadi) ; peu importe qu’il soit un militaire ou un fonctionnaire de l’administration ou un membre du service de la morale public chargé d’ordonner le bien et d’interdire ce qui est répréhensible, même celui qui juge parmi les enfants selon les traits [sur le sol] (jeux), étaient considérés comme des responsables de l’autorité (Houkam). Et on leur a ordonné d’agir avec justice et science, et ils faisaient cela avec beaucoup d’effort. Mohammad (salla Allahou ‘alayhi wa salam) a dit :« Lorsque le juge fait un ijtihad et donne le bon verdict, il a deux récompenses, et s’il se trompe il aura une récompense. » (Rapporté par Al-Boukhârî et Mouslim.) » [Majmou‘ al-Fatawa (18/170)]

 

Il dit aussi :

 

والقاضي اسم لكل من قضى بين اثنين وحكم بينهما، سواء كان، خليفة، او سلطانًا، أو نائبًا، أو واليًا؛ أو كان منصوبًا ليقضي بالشرع، أو نائبا له، حتى يحكم بين الصبيان في الخطوط. إذا تخايروا. هكذا ذكر أصحاب رسول الله صلى الله عليه و سلم، وهوظاهر.

 

مجموع فتاوى  ,   المجلد28 الصفحة 254

 

« Juge (Qadi) est le nom donné à quiconque juge entre deux parties et qui juge entre elles, peu importe qu’il soit calife, ou sultan, ou représentant, ou le chef des villes ; qu’il soit désigné pour juger selon la Loi, ou qu’il soit son représentant ou celui qui juge parmi les jeunes garçons selon les traits [tracés sur le sol] (jeux), quand ils voulaient déterminer lequel était le meilleur. C’est ce qu’ont mentionné les Compagnons du Messager d’Allah, qu’Allah leur accorde la bénédiction et la paix, et c’est manifeste. » [Majmou‘ al-Fatawa (28/254)]

 

 

Pour  parfaire, la Parole du Très-Haut :

 

« Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache qu’Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers. » (Sourate 5, verset 49 traduction approximative)

 

« Est-ce donc le jugement du temps de l’Ignorance qu’ils cherchent ? Qu’y a-t-il de meilleur qu’Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme ? » (Sourate 5, verset 50 traduction approximative)

 

« Dis : "Je m’appuie sur une preuve évidente de la part de mon Seigneur, et vous avez traité cela de mensonge. Ce (le châtiment) que vous voulez hâter ne dépend pas de moi. Le jugement n’appartient qu’à Allah : Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des juges. » (Sourate 6, verset 57 traduction approximative)

 

« Ne voient-ils pas que Nous frappons la terre et que Nous la réduisons de tous côtés ? C’est Allah qui juge et personne ne peut s’opposer à Son jugement, et Il est prompt à régler les comptes. » (Sourate 13, verset 41 traduction approximative)

 

« C’est lui Allah. Pas de divinité à part Lui. A Lui la louange ici-bas comme dans l’au-delà. A Lui appartient le jugement. Et vers Lui vous serez ramenés. » (Sourate 28, verset 70 traduction approximative)

 

« …Il en est ainsi car lorsque Allah était invoqué seul (sans associé), vous ne croyiez pas; et si on Lui donnait des associés, alors vous croyiez. Le jugement appartient à Allah, le Très-Haut, le Très Grand. » (Sourate 40, verset 12 traduction approximative)

 

« Non !... Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence]. » (Sourate 4, verset 65 traduction approximative)

 

« Et sur toi (Mohammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue. A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu’Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes œuvres. C’est vers Allah qu’est votre retour à tous; alors Il vous informera de ce en quoi vous divergiez. » (Sourate 5, verset 48 traduction approximative)

 

« Sur TOUTES vos divergences, le jugement appartient à Allah. Tel est Allah mon Seigneur; en Lui je place ma confiance et c’est à Lui que je retourne [repentant]. » (Sourate 42, verset 10 traduction approximative)

 

« Chercherai-je un autre juge qu’Allah, alors que c’est Lui qui a fait descendre vers vous ce Livre bien exposé ? Ceux auxquels Nous avons donné le Livre savent qu’il est descendu avec la vérité venant de ton Seigneur. Ne sois donc point du nombre de ceux qui doutent. » (Sourate 6, verset 114 traduction approximative)

 

« Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d’entre eux s’éloignent. » (Sourate 24, verset 48 traduction approximative)

 

« La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : "Nous avons entendu et nous avons obéi". Et voilà ceux qui réussissent. » (Sourate 24, verset 51 traduction approximative)

 


 

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