Le témoignage de l'annonce du croissant de ramadhan

بسم الله الرحمـن الرحيم

 

~ Le Témoignage de l'annonce du croissant de Ramadhân ~


Le témoignage doit être fait par une personne musulmane, majeure, intègre et pieuse, homme ou femme, libre ou esclave.

L’intégrité et la piété sont mesurées par le comportement de la personne. Elle doit être connue pour sa droiture, n’avoir jamais commis de péchés capitaux et avoir rarement commis de petits péchés. Une personne qui commet des péchés qui n’ont jamais été dévoilés, peut être considérée comme intègre.

As-Shafi3i, A7med, et Ibn al-Mubârak se satisfont du témoignage d’une seule personne intègre, en cas de ciel dégagé et de beau temps, mais aussi en temps couvert, car ce témoignage est une sorte d’information et non d’attestation.

Abû Hanîfa exige la présence d’un groupe de personne pieuses et intègres, pour témoigner de l’apparition du croissant, que le ciel soit dégagé ou couvert.

Mâlik exige également la présence d’une foule de personne intègres et pieuses, ou au moins de deux personnes intègres et pieuses, surtout si la question de la nouvelle lune est un sujet à polémique.  Cela dit, Mâlik valide le témoignage de la personne seule, si elle est pieuse et intègre.  Al-Layth ibn Sa3ad, al-Awzâ3î et Is7aq ibn Dâwud exigent le témoignage de deux personnes intègres.

 

Concernant la vue de la nouvelle lune annonçant l’Aid (le mois de shawwal) , elle est considérée comme une attestation et non une information. C’est pourquoi, seul le témoignage de deux personnes intègres est accepté. Sinon, le témoignage d’un homme, et de deux femmes, tous intègre, suffit.  Le témoignage d’une seule femme ou d’un esclave n’est pas suffisant.

Le croissant annonçant le jeûne concerne un devoir religieux, il suffit donc d’informer qu’il est temps de le faire, alors que le croissant annonçant l’Aid concerne le droit des gens à finir l’Aid, il faut donc une attestation sûre pour affirmer sa vue.

 

Le cas de celui qui n’est pas digne de confiance

Celui qui a vu le croissant annonçant le début de ramadhan, mais dont le témoignage n’est pas accepté par le Juge, parce qu’il n’est pas réputé intègre, est obligé de commencer le jeûne car la vue du croissant entraîne l’obligation de jeûner.

Celui qui a vu le croissant annonçant l’Aid (Shawwal), mais dont le témoignage n’a pas été agréé par le juge, doit continuer le jeûne, pour la majorité des jurisconsultes. Ash-Shafi3i pense qu’il doit finir son jeûne mais ne pas le rendre public.

Les Mâlikites, pensent que si deux personnes intègres ont vu le croissant de l’Aid, les gens peuvent finir le mois de jeûne, même si le juge n’accepte pas le témoignage de ces personnes, faute d’avoir su qu’elles sont intègres.

 

Le décalage entre les apparitions de la nouvelle Lune selon les régions

Nous savons tous que les pays situés dans le même fuseau horaire reçoivent le soleil à la même heure, mais ceux qui sont dans des fuseaux horaires différents le reçoivent à des heures différentes. En est-il de même pour la lune ?

 

La majorité des jurisconsultes pensent que les fuseaux horaires qui dépendent du soleil n'ont aucune concéquence. Cette majorité compte les hanafites, les mâlikites, les hanbalite et les disciples d'al-Layth ibn Sa3ad et des shafi3ites aussi. Ils pensent tous que la vue du croissant annonçant le mois du jeûne dans un seul pays musulman suffit. Tous les autres états islamiques doivent annoncer Ramadhân, même si la visibilité de la nouvelle lune y était impossible. Ils se réfèrent au 7adith disant : "Commencez votre jeûne à sa vue [le croissant de Ramadhân] et finissez-le à sa vue [le croissant de Shawwal]." Cet ordre est adressé à tous les musulmans, quels que soient leur pays et fuseau horaire dans lequel ils se trouvent, à condition que l'observation du croissant ait été faite selon les règles religieuses.

 

Cependant certains juristes hanafites et shafi3ites pensent, au contraire, que l'apparition et la vue de la nouvelle lune diffèrent d'un pays à un autre selon le fuseau horaire. Chaque pays doit assumer la responsabilité de déterminer le début et la fin du mois du jeûne. La référence pour ces jurisconsultes est le récit de Kurayb : "Umm Al-Fadhl bint al-Harith m'avait envoyé à Damas pour rencontrer Mu3awiya. Après avoir accomplie ma mission à Damas, le mois de Ramadhân a été annoncé dans cette ville. Le croissant naissant a été vue le vendredi soir. J'ai été de retour à Médine à la fin du mois de Ramadhân ou j'ai rencontré Ibn 3Abbas et nous avions discuté de l'apparition de la nouvelle lune. Je l'ai informé qu'elle a été vue à Damas le vendredi soir. Il m'a répondu : "Mais nous ne l'avons vu que le samedi soir. Si, au soir du 29° jour, nous ne voyons pas le croissant annonçant Shawwal, nous jeûnerons le 30° jour de Ramadhân." Je dis à Ibn 3Abbas : "Ne pouvons nous pas nous satisfaire de la vue du croissant faite par les gens de Mu3awiya ?" Il a répondu : "Non, le prophète nous a enseigné ainsi." (7adith réputé bon mais unique, rapporté par Muslim, Tirmidhi, A7med, et Dârâqutnî)

 

Fiqh al 3ibaadaat : >Hassan ayyub